jeudi 15 mai 2008

L'homme qui aimait les femmes (Truffaut - 1977)

Cher Jack,

Je suis vraiment heureuse de ton initiative concernant la création du FPRME (voir quelques articles plus bas NDLR), surtout en ces temps difficiles où la majorité des gens ont parfois du mal à s'engager sur des combats et des luttes évidentes...
Passons ces considérations militantes...

C'est plutôt pour amener du fond dans la réflexion sur la nécessaire présence des hommes à l'école que j'avais envie d'écrire.

J'ai la chance d'avoir un maître dans mon école maternelle.

Et dans le contexte où se situe l'école (ZEP), la réalité d'un homme apparait primordiale. Dans une école où la moitié des enfants n'ont pas de présence masculine à la maison (pas ou plus de père) et où ceux qui en ont une (père mais parfois aussi beau-père, grand frère, grand père) n'est pas toujours celle dont on rêverait pour plein de raisons (dont je ne vais pas débattre ici), le maître est un repère (re-père ?) essentiel pour nos loulous. Il représente un modèle d'homme calme, souriant, attentif aux autres, à l'écoute, doux avec "ses" petits, sécurisant aussi et en même temps sachant être ferme et cadrant.

Pour le reste de l'équipe, entièrement féminine (atsem et instits), notre collègue apporte un timbre de voix (voie...) bien différent des nôtres, régulant les petits conflits intra-féminins, aidant à prendre le recul nécessaire, ouvre notre panel de sujets de conversation, et son humour, toujours très fin (si si) agrémente nos journées parfois difficiles. Il lui arrive aussi de nous venir en aide face à des papas dont l'image féminine que nous renvoyons n'est pas toujours bien acceptée...

Bref, un modèle du genre... Bon, il a ses petits défauts... Il fume (à la récré, côté rue), il boit (uniquement le week-end) et détraque le lecteur DVD... Mais c'est vraiment un GENTIL.
C'est pourquoi, je suis une fervente militante pour la préservation des hommes à l'école !

Après plus de dix ans de présence dans notre école, mon collègue part vers de nouveaux horizons à la fin de l'année... J'en suis très triste, surtout pour les loulous... Alors je savoure les deux mois qu'il me reste à travailler avec lui ; et l'année prochaine, s'il n'y a plus d'hommes à l'école, je me réfugierai sur DANGER ECOLE, certaine que les maîtres sauront y faire entendre leur voix !


Gisèle

3 commentaires:

Barbara a dit…

le festival de Cannes déteindrait il sur "danger- école ("cf les actrices et les titres )
= toujours dans l'air du temps)

INGRID a dit…

Je suis entièrement d'accord avec Gisèle et ressent la même chose envers mon Directeur, également seul homme dans une maternelle !
BISOUS A TOUS

yann a dit…

c'est bon à lire, ça...
;-)